dimanche 8 janvier 2006

Mots

Les mots comme des caresses comme autant de parures, des mots vêtements, bijoux, accessoires.
Mes mots, tes mots, jeux.

Sentir les mots me caresser, me parer. Sentir les mots m’embellir me rendre forte. Sentir le pouvoir lénifiant des mots, leur énergie rédemptrice. Être sous la caresse des mots, et tout autre, et moi même, pleinement.

Nue dans le lit, sous la chaleur de la couette en ce matin d’hiver, un à un entendre tes mots revenir et m’en faire une parure, un vêtement.
Mots caresse mots tendresse, mots force mots puissance.

Puissance évocatrice des mots. Être là, tes mots en moi, tes mots autour de moi, sentir les mots comme autant de trésors, mot perle à porter en pendentif, mot perle roulant entre mes seins.
Tes mots comme un étai à ce que je suis. Été des mots, hiver du silence.
Ces mots, souffle chaud qui me réconfortent.
Langage.

Appeler tes mots de mes vœux, appeler tes mots comme autant de protection contre ma peine, contre ma douleur, contre le mal que je peux me faire. Tes mots, le souvenir de leur sonorité lue sur le papier, qui au matin viennent me réveiller, me sortir des heures plombées de la nuit.

Tes mots qui m’habillent, me parent, qui m’enveloppent tels une deuxième peau. Ces mots qui me donnent envie d’aller admirer dans le miroir cette perle en pendentif sur la peau blanche. Mot perle, à porter en pendentif, mots tuniques, mots voiles.

N’en plus pouvoir de mes mots, faciles et répétitifs, mécanismes usés du langage, maîtrise facile de ficelles élimées.

Mots frais à ma peau, sonorités douces à mes oreilles, mots aux saveurs riches dans ma bouche, mots aux couleurs inattendues. Tes mots contre les miens. Tes mots en renfort des miens trop vieux, trop fatigués. Tes mots comme autant de sources de jouvence pour mon parler essoufflé.

Alors venir avec cette demande simpliste, parle moi de toi.
Souhaiter que tu me parles tout court, souhaiter que tu me dises, me communiques souhaiter que tu m’adresses du sens et du non sens. Sémaphore vivant, j’attends le signal retour de mon signal affaibli.

vendredi 30 décembre 2005

Envie

Rencontres, rencontres encore. Parce que c'est dans l'autre qu'est la vie. Toi, Moi.

Café, noir, un peu amer. Odeur de tabac, prégnante. Regards qui se croisent. Histoires qui se disent à demi mot. Au détour d'une phrase, d'une expression s'assurer que l'on parle la même langue. Explorer l'orée de nos univers à petits pas. Idées qui cliquent, un entre mots riches de sens.

Projet naissant parce que c'est dans le dialogue qu'est la vie.

Envie de l'Autre, plus fort que tout. Envie de corps, envie de mots, envie de vie.

En Vie.

lundi 28 novembre 2005

Si long silence

Le silence peut être hostile, il peut être bienveillant.
Silence, ensemencé de paroles à venir, riche des mots qu’il mature, une respiration, retour sur soi, rythme.
Un élément de musique, soupir, demi soupir, demie pause, pause. Souvenir de solfège et un-deux-trois-quatre.
Un silence, s’il est appelé à être brisé, est élément à part entière du dialogue.

Mais parfois s’il dure trop, s’il brise le rythme, il est au bord de rompre la confiance, comme une caresse qui se fait trop attendre, comme un regard qui fuit avec trop d’insistance.

Le silence parfois me menace. Pas toujours. Quand il dure trop, ou bien quand il semble être une fuite de ce que je suis. Quand il me donne le dégoût de moi, quand il me met en suspens. Quand il me rend faible.
  
Le trop plein de mots, à l'inverse est il une menace ? Faut il apprendre la feuille blanche ?

Chercher le rythme, entre silence et parole, mots et pages blanches.

samedi 5 novembre 2005

Les brouter

Entre deux heures, entre deux eaux. Autour le vide, dedans le gouffre. Douleur et vacuité.
Il faudrait pouvoir, il faudrait.
Elle voudrait pouvoir, elle voudrait.
Pourquoi ?
Absence de sens. Vie en pilote automatique. Continuer sur une lancée. Passages obligés. Désir barré. Sens perdu.
Il faudrait pardonner, il faudrait aimer ailleurs. Pourquoi ?
Tourner en rond sans fin. Ne pas savoir pourquoi je suis rentrée. Le monde est vaste, mon appétit de le découvrir à sa mesure. Les racines ont elles un sens ?

mardi 25 octobre 2005

Plat

Être là, dans la chaleur des souvenirs, retrouver Fabienne et Luna, découvrir Timéo, attendre James qui rentre du taf.

« Mais c'est qui cette amie de Maman ? » « Tu restes dîner dit ? » « Aller on va faire un gâteau Luna ». Un yaourt, de la farine, des noisettes en poudre et au four. Odeur chaude et enveloppante.

« Mais si, restes. Tu reprendras la route demain. J'ai des magrets au frigo ».
Et puis voir tomber dans la poêle les girolles ramassées il y a peu, un peu d'ail, du gros sel.

Les voisins qui passent. Anglais de retour d'un voyage au Canada. Échange jovial, en anglais mâtiné d'occitan. Un petit verre de moscatel, des olives aux piments. Santé. A ton retour, aux voyages, aux amitiés qui durent, aux enfants qui grandissent.

Tout le monde autour de la table de mosaïque bleue, les magrets cuits dans du miel, une bouteille de vin de Duras. Conversation. Nouvelles des uns et des autres. Petits malheurs, petits bonheurs. Douleurs aussi, parfois.

Être là, ancrée dans le moment en humer chaque instant pour le ressentir de tout mon épiderme, rire aux éclats, blaguer, serrer, embrasser, câliner, et être tout autant abstraite de l'instant, en soi rentrée et perdue. Parce que trop seule, parce que le plaisir est trop loin parfois. Parce que la capacité à vivre le bonheur est anorexique, apoplectique. 
Électrocardiogramme_________________________________________________________ .

25 octobre 2005

dimanche 23 octobre 2005

Rien

Quatre ans d'absences, quatre ans au loin. Retour étrange. Ce qui fut si naturel tout à coup si lointain.

Etre ici comme on fut ailleurs, en voyage. Se sentir en transit chez soi. Ne plus savoir les codes et les signes. Ne plus comprendre les mots et les expressions. Etre étrangère à sa ville, à son pays. A soi même finalement. Ne plus appartenir à rien, pas même à soi. Avoir peur de ce vide. Ne pas se reconnaître en lui. Si ici n'est plus moi, si là-bas n'est pas moi non plus, qui suis-je ? Nothing.

Je pensais être quelque chose pour lui. Quelqu'un, même peut-être. Je pensais que l'amour que j'ai de lui, que l'amour qu'il disait avoir de moi, donneraient ce sens. Ils donnent, nothing.
J'aurais du penser, nothing.

mercredi 19 octobre 2005

Liquides

Pleurer.
Pleurer de pleurer.
Pleurer de pleurer de pleurer.
Que d'eaux.