Retour à Belgrade
Renaître ici le temps de ce séjour étrange. Des jeux de liens invisibles qui se font tout à coup vivants. Une géographie des histoires familiales.
Retrouver ce qui m'a menée au cœur de la poudrière. Découvrir ce fil invisible mais tout puissant qui me liait à mon insu à cette terre de violence, d'exagération. Apprendre les secrets d'une généalogie sorcière qui m'a faite nomade d'une histoire intime inachevée.
Capitaine Aufort, Albert, tu es mon arrière grand-père, tu es celui par lequel je suis venue ici, vivre trois années hors de la réalité. Je l'ignorais alors. Exploratrice de nos histoires entremêlées, je pars, archéologue familiale sur les traces d'un lien plus fort que la mort, la honte et l'oubli des descendants qui noient dans le silence la liberté que tu pris de t'émanciper du servage de ton rang.
vendredi 14 novembre 2008
jeudi 21 février 2008
A Lui
Je vous suis redevable. De beaucoup.
Mais de me rendre mon corps....de me restituer à moi même, jamais je ne pourrais vous en remercier assez.
Et vos larmes, le froid de l'air dans les yeux, que je lèche, doucement. Et les miennes, qui perlent d'émotion retenue.
Nos patiences, nos tolérances.
Vos mots posés ici par mon truchement.
Mystère.
Mais de me rendre mon corps....de me restituer à moi même, jamais je ne pourrais vous en remercier assez.
Et vos larmes, le froid de l'air dans les yeux, que je lèche, doucement. Et les miennes, qui perlent d'émotion retenue.
Nos patiences, nos tolérances.
Vos mots posés ici par mon truchement.
Mystère.
mercredi 20 février 2008
Assurance tout risques
Reprendre.
Essayer de reprendre.
Tenter d'essayer de reprendre.
Tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'évertuer à s'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
Se risquer à s'évertuer à s'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
Mais quel(s) risque(s) ?
Essayer de reprendre.
Tenter d'essayer de reprendre.
Tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
S'évertuer à s'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
Se risquer à s'évertuer à s'ingénier à s'escrimer à tacher de tenter d'essayer de reprendre.
Mais quel(s) risque(s) ?
mardi 19 février 2008
Bas
rester une journée entière l'ordinateur sur les genoux, la tasse de café, puis de thé sur la table basse. Rester une journée entière à attendre que quelque chose se débloque, que les mots viennent se mettre en rang, que l'énergie circule, que cette merde ne fasse plus obstruction, que la vie soit.
En rêve, quelque part dans un cabinet médical tel que celui de l'otorhino de mon enfance, je l'ai laissé tuer. Avec des flèches, longues. Pour une broutille, un oukase quelconque, que je ne sais plus et n'ai probablement pas su en rêve non plus. Mais le respect de la règle est plus fort. Chercher une sémantique qui réconcilie les faits et le dogme. Ne pas y réussir alors le laisser tuer.
Et se réveiller en sanglots. Remplie du chagrin de ne pas avoir su dépasser la règle et de l'avoir laisser tuer sans réaliser qu'il était le seul à pouvoir m'aider.
Il est toujours là et c'est lui qui m'aidera à faire plier en moi cette chose que je ne sais, qui se joue de moi.
En rêve, quelque part dans un cabinet médical tel que celui de l'otorhino de mon enfance, je l'ai laissé tuer. Avec des flèches, longues. Pour une broutille, un oukase quelconque, que je ne sais plus et n'ai probablement pas su en rêve non plus. Mais le respect de la règle est plus fort. Chercher une sémantique qui réconcilie les faits et le dogme. Ne pas y réussir alors le laisser tuer.
Et se réveiller en sanglots. Remplie du chagrin de ne pas avoir su dépasser la règle et de l'avoir laisser tuer sans réaliser qu'il était le seul à pouvoir m'aider.
Il est toujours là et c'est lui qui m'aidera à faire plier en moi cette chose que je ne sais, qui se joue de moi.
jeudi 3 janvier 2008
Fiche d'internement
Allez donc voir là-bas le pourquoi d'ici
Je saigne, je saigne, je saigne.
Je saigne. Le nez, le crâne, le sexe.
Je saigne. Plaies grattées, entretenues, choyées.
Je saigne. Je suis petite.
Je saigne. On m’oublie.
Je saigne. On me poursuit.
Je saigne. On m’étiquette Fragile.
Je saigne. On me désigne, ce sera elle.
Je saigne. Je suis condamnée.
Je saigne. J’endosse.
Je saigne. On veut m’immoler à l’autel de l’équilibre familial.
Je saigne. Je suis sacrifiée.
Je saigne je vous dit. Je suis saignante comme d’autres sont heureux.
Qui retiendra le bras des bourreaux ?
dimanche 16 décembre 2007
Femmes
Jambes marrons, jambes grises, jambes roses. Jupe en velours chocolat brodée de turquoise, jupe mini, mini, à carreaux beige et canard, jupe en laine de couleurs vives à grosses rayures. Nos jambes qui croisent et qui décroisent, nos mains qui s'envolent au rythme des mots, les accents qui se croisent et se tissent.
La langue française tellement précise chez ces femmes de l'Est. La langue française si poétique chez ces femmes lettrées, érudites. Mes amies battantes. Des femmes têtes hautes, des femmes de l'avant. Non pas des femmes de carrières, ongles et becs, non pas de ces concurrentes imbéciles des luttes mesquines des hommes pour le pouvoir ou la gloire, mais de ces batailles quotidiennes pour une vie digne et respectée. Mes amies qui vont, suivant les sinuosités de leurs vies, indépendantes du jugement des autres. Mes amies si belles. Mes amies si amies.
Nous avons mangé zurek, savourant tout ensemble, le plaisir de se retrouver, la saveur aigre de la farine fermentée, la richesse de la saucisse, la douceur de l'entre nous.
Et en leur ventre, à l'une et à l'autre, la vie qui va, doucement, fortement, chaude et secrète.
Et moi. Moi, heureuse d'être à leurs côtés en cette après-midi ensoleillée.
La langue française tellement précise chez ces femmes de l'Est. La langue française si poétique chez ces femmes lettrées, érudites. Mes amies battantes. Des femmes têtes hautes, des femmes de l'avant. Non pas des femmes de carrières, ongles et becs, non pas de ces concurrentes imbéciles des luttes mesquines des hommes pour le pouvoir ou la gloire, mais de ces batailles quotidiennes pour une vie digne et respectée. Mes amies qui vont, suivant les sinuosités de leurs vies, indépendantes du jugement des autres. Mes amies si belles. Mes amies si amies.
Nous avons mangé zurek, savourant tout ensemble, le plaisir de se retrouver, la saveur aigre de la farine fermentée, la richesse de la saucisse, la douceur de l'entre nous.
Et en leur ventre, à l'une et à l'autre, la vie qui va, doucement, fortement, chaude et secrète.
Et moi. Moi, heureuse d'être à leurs côtés en cette après-midi ensoleillée.
samedi 1 décembre 2007
En recherche
un mot. Une trace. Ici venir battre doucement en mon rythme intérieur. Porter en moi toutes ces histoires, ces corps à corps, ces confrontations tendres et fortes. Essayer, par touches de les approcher, mais toujours les sentir se dérober.
Décrire le moment, le geste, la vibration de l'air, la tessiture de la lumière. Capter les accords et les brisures. Dépasser la pudeur en collant au souvenir vif et chaud de l'instant.
Je reviendrai, je prendrai ce temps là, je chercherai ces mots là, pour les extirper et exposer à la lumière ces moments soyeux.
Décrire le moment, le geste, la vibration de l'air, la tessiture de la lumière. Capter les accords et les brisures. Dépasser la pudeur en collant au souvenir vif et chaud de l'instant.
Je reviendrai, je prendrai ce temps là, je chercherai ces mots là, pour les extirper et exposer à la lumière ces moments soyeux.
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